Impact de l'accès aux services financiers

Depuis plusieurs années, l'Afrique traverse des périodes difficiles suite à la succession des guerres sur le continent et qui enfonce de plus en plus les populations dans la pauvreté (Bouquet, 2008; Dicaprio & Ii, 2003; Kuma et al., 2020). La République démocratique du Congo n'est pas épargnée par cette situation, car pendant des nombreuses décennies, cela a constitué un frein pour le développement de ce pays(Patrick et al., 2006). Cette crise fait objet des discussions persistantes et controverses par des chercheurs mais aussi par des dirigeants politiques(Hussein, n.d.).

La préoccupation des uns et des autres est d'améliorer l'accès à des services d'épargne, de prêt et d'assurance de base (surtout pour les plus démunis) et ainsi permettre aux populations d'améliorer leur mode de vie. Ceci étant, l'accessibilité aux services d'épargne, de prêt et d'assurance en RDC demeure une situation préoccupante par rapport aux exigences des institutions financières formelles(Célestin, n.d.). L'instabilité monétaire ; les difficultés éprouvées par les populations à pouvoir répondre aux exigences des institutions financières formelles notamment: détenir un compte dans l'institution où l'on sollicite le crédit, présenter une garantie matérielle (immeuble, meuble) ; présenter certains documents (carte de lecteur, contrat de travail,....) ; le taux d'intérêt et le manque de confiance au près des institutions financières formelles ont poussé certaines personnes à se prendre en charge pour la survie de leurs ménages (Les risques liés aux crédits bancaires). Le faible revenu de la population ne permet pas à cette dernière d'épargner ou de solliciter un crédit dans les institutions formelles.

Considérant les deux dernières décennies, la RDC, pays immensément doté des ressources naturelles (du sol et du sous sol), humaines et environnementales, présente sur le plan économique un tableau moins éloquent le quel ne s’écarte pas significativement de la tendance observée depuis son indépendance en1960. En effet, les statistiques récentes de la banque mondiale montrent que plus de 70% de la population vit en dessous du seuil de la pauvreté(Kuma et al., 2020), c'est-à-dire moins d'un dollar par jour. La population a longtemps nourri les espoirs de sortir de cette crise avec les élections de 2006, 2011 et 2018, mais la situation reste toujours inquiétante.

Plusieurs solutions ont été proposées par des nombreux chercheurs et décideurs pour organiser un système de service d'épargne et de crédit adapté à toutes les catégories de la population et permettre ainsi aux populations d'améliorer leurs conditions de vie. Les uns ayant recommandé les associations de créance et/ou les associations d'auto-assistance(Gédéon., n.d.); les autres par contre ont proposé les sociétés d'investissements et l'entrepreneuriat(Grenoble, n.d.) alors que les autres ont trouvé dans les associations de crédit rotatif des pistes exploitables(Aristide, 2019). En effet les associations de crédit rotatif, sont des associations de personnes qui, unies par des liens familiaux, d’amitié, de profession, de clan ou de région, se retrouvent à des périodes d'intervalles plus ou moins variables afin de faire une collecte d'argent pour solutionner des problèmes particuliers ou collectifs des membres. C'est un moyen de s'entraider et par fois de régler le problème de surendettement. Comme dans la plupart de pays africains où la pauvreté s'accroit, la population organise des associations de crédit rotatif, cette forme d'épargne existe aussi en RDC et particulièrement dans la ville de Bukavu. Dans la ville de Bukavu, les associations de crédit rotatif opèrent de manière secrète et effectuent des opérations financières en marge de toute forme de réglementation de manière à ce que les activités financières forment un bloc à part par rapport aux institutions financières formelles (Vonderlack & Schreiner, 2003).

C’est de la problématique ci-haut décrite que ce sujet de recherche : « Pratiques informelles de l’épargne dans les ménages de la ville de Bukavu » nous est inspirée.

Tout au long de notre recherche nous allons nous focaliser sur trois questions à savoir :

Quelles sont les facteurs motivant les ménages de la ville de Bukavu à intégrer les associations des crédits rotatifs ?

Quelle est l’incidence de cette forme d’épargne informelle sur l’économie et le social des ménages ?

Quelles réformes méritent d’être mises sur pied pour l’encadrement de l’épargne des ménages de la ville de Bukavu.

Cette étude contribue à la littérature en se fixant comme objectif d’examiner les facteurs motivants les habitants à adhérer aux associations des crédits rotatifs dans la ville de Bukavu. Il s'agit plus spécifiquement d'examiner l’incidence de cette pratique sur l’économie et le social de la population mais également de proposer des réformes nécessaires et non suffisantes à mettre en place pour un bon encadrement de l’épargne des ménages dans la ville Bukavu.

La démarche va consister à identifier le nombre d'associations de crédit rotatif dans la ville de Bukavu et faire une interview avec les membres (échantillons) de ces associations.

L'intérêt porté par ce sujet se justifie par le fait que plusieurs personnes souhaiteraient avoir plus d’informations sur les pratiques informelles d’épargne et de crédit qui se développent peu à peu dans notre milieu, afin de prendre des décisions rationnelles. En fin, ce travail présente un intérêt particulier non seulement pour les économistes mais aussi pour d'autres scientifiques s’intéressant à l'épargne.

Cette étude utilisera un questionnaire pour collecter les informations. La méthode descriptive va nous permettre de décrire les phénomènes sociaux des pratiques informelles d'épargne tels qu'ils se déroulent, par des systèmes d'associations de crédit rotatif et le milieu d'étude. La méthode analytique va nous aider à analyser et expliquer les différentes informations récoltées pendant les enquêtes.

Dans la structure de ce travail après l'introduction générale, nous présentons la revue de la littérature au premier chapitre, la méthodologie présentée au deuxième chapitre, les résultats sont présentés et discutés au troisième chapitre. Une conclusion à la fin et revient sur les grandes contributions de l’étude ainsi que les recommandations. Bien avant, les limites de la recherche sont présentées et débouchent sur des propositions de recherches ultérieures.

 

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